MOSCOU

colloque sur le dialogue dans l'Église

Un colloque théologique international sur le thème "Foi, dialogue, communion : les problèmes du dialogue dans l'Église" s'est déroulé du 24 au 26 septembre dernier à Moscou, organisé conjointement par l'École catéchétique Saint-Philarète, la Maison de l'homme de l'Académie des sciences de Russie et la revue Vestnik ("Le Messager"). Quelque cinq cents personnes, venues de sept pays, parmi lesquelles des représentants de vingt-deux diocèses orthodoxes de Russie, mais aussi des membres de différentes confessions chrétiennes, ont pris part aux sessions plénières et aux trois groupes thématiques qui portaient sur l'histoire, la théologie et l'expérience du 20e siècle. Pour ses organisateurs, il s'agissait de dégager des pistes de réflexion afin d'appréhender la façon dont il serait possible d'instaurer un véritable dialogue au sein de l'Église elle-même, d'une part, et entre l'Église et la société, d'autre part, en faisant ressortir les interrogations de l'homme moderne d'un côté, et en apportant de l'autre les réponses puisées dans la Tradition vivante de l'Église. Ce colloque s'inscrivait dans le prolongement des précédents colloques de l'École catéchétique Saint-Philarète, qui avaient respectivement traité de "La Tradition vivante", en octobre 1997 (SOP 223.9), de "La langue de l'Église", en octobre 1998 (SOP 233.10), de "Mémoire et oubli dans l'Église et dans la société", en septembre 2000 (SOP 252.7), et des "Mouvements spirituels dans le peuple de Dieu : histoire et actualité", en octobre 2002 (SOP 273.8).

La première communication en séance plénière a été présentée par Nikita STRUVE, professeur émérite à l'université de Paris-X – Nanterre et rédacteur de la revue Vestnik, qui, citant le philosophe russe du début du 20e siècle Eugène Troubetskoï, a affirmé que "la Révélation n'est pas un monologue, elle est un dialogue, une discussion vivante entre Dieu et l'homme". Mettant en avant les présupposés théologiques et éthiques du dialogue dans l'Église, il a insisté sur la nature conciliaire de ce dialogue, en mettant en garde contre toute approche qui consisterait à envisager la Tradition vivante de l'Église comme un code de normes et de règles mortes. Dans une telle approche, l'héritage patristique est interprété comme une sorte d'"analogie orthodoxe" du dogme romain de l'infaillibilité, alors que l'école des Pères est avant tout "un dialogue dans une tension permanente". Dans la deuxième partie de sa communication, Nikita STRUVE a donné différents exemples d'ouverture d'esprit et, au contraire, d'absence de dialogue, dans l'histoire ecclésiale de l'émigration russe.

Le texte dans son entier est disponible dans l'edition papier au prix de 5.00 Eur.

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