TBILISSI
le patriarcat de Géorgie s'oppose à la reconnaissance officielle de l'Église catholique
À la suite de fortes pressions de l'Église orthodoxe de Géorgie, qui dispose du statut de religion d'État, la signature d'un accord de reconnaissance juridique de l'Église catholique par le gouvernement de Géorgie a été suspendu sine die, ont annoncé le 20 septembre dernier, à Tbilissi, les autorités géorgiennes. Le 18 septembre, le patriarche-catholicos ÉLIE II, primat de l'Église orthodoxe de Géorgie, était apparu en personne à la télévision pour dénoncer "le danger d'un tel accord pour la stabilité de la région". Il avait adressé un appel public au président Édouard CHEVARDNADZE, lui demandant de renoncer à un accord "qui donnerait au catholicisme en Géorgie un statut analogue à celui de l'Église orthodoxe, ce qui serait inacceptable". Cet accord bilatéral entre le Vatican et l'État géorgien devait accorder une reconnaissance juridique à l'Église catholique, dont la communauté en Géorgie rassemble moins de 2 % de la population du pays et se répartit entre les rites latin, arménien et chaldéen. Le chef de la diplomatie de l'État du Vatican, Mgr Jean-Louis TAURAN, qui se trouvait alors à Tbilissi pour des négociations officielles, s'est déclaré "déçu et blessé" par le refus de la Géorgie de signer l'accord initialement prévu et, en signe de protestation, a immédiatement interrompu sa visite dans le pays.Le 19 septembre, au lendemain de l'intervention télévisée du patriarche ÉLIE II, une importante manifestation de rue a eu lieu à Tbilissi pour protester contre la signature de l'accord. Des centaines de jeunes, étudiants des séminaires et écoles religieuses orthodoxes, ont défilé aux abords du Parlement en criant des slogans hostiles au gouvernement "soumis au Vatican". Les autorités civiles ont tenté d'expliquer que l'accord n'affecterait en rien les intérêts de l'Église orthodoxe, ajoutant qu'il garantissait simplement la liberté religieuse de la minorité catholique. Interrogé par les médias, l'archevêque ZENON, porte-parole du saint-synode de l'Église de Géorgie, a réaffirmé l'opposition de son Église à ce qu'elle considère comme une manoeuvre du Vatican pour augmenter son influence dans le pays. "Si cet accord est approuvé, les catholiques pourront construire des églises, des écoles et des séminaires, sans limites", a-t-il dit. Peu après, le Premier ministre, Avtandil DZORBEDNADZE, a annoncé à la délégation du Vatican conduite par Mgr TAURAN que le gouvernement "n'avait plus envie de signer l'accord".
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