BELGRADE
assemblée plénière de l'épiscopat serbe
L'assemblée plénière annuelle de l'épiscopat de l'Église orthodoxe serbe s'est déroulée, du 13 au 15 mai, à Belgrade, sous la présidence de son primat, le patriarche PAUL Ier. L'ensemble des évêques des diocèses de l'ex-Yougoslavie ainsi que de l'étranger participaient à cette session qui s'est longuement penchée sur la situation au Kosovo, "après le pogrom planifié par les terroristes albanais contre la population serbe du 17 au 20 mars 2004", pour reprendre les propos du communiqué diffusé à l'issue de cette session. L'assemblée s'est notamment félicitée de la réintroduction de l'instruction religieuse dans les écoles en Serbie et a souhaité voir cette mesure étendue au Monténégro. En marge de leur assemblée, le 16 mai, le patriarche et les évêques se sont rendus au monastère de la Sainte-Trinité, près de Plevlja, où ils ont célébré une liturgie eucharistique solennelle, à l'occasion de la restauration des bâtiments conventuels de ce monastère dont la fondation remonte au 14e siècle, puis procédé à la pose de la première pierre de l'église Saint-Nicolas-d'Ohrid, dans la ville voisine de Prijepolje.Dans leur communiqué, les évêques serbes soulignent la gravité des récents développements de la situation au Kosovo (SOP 287.5 et 288.5). La violence et la terreur dans cette région ne datent pas d'hier : les exactions ont commencé au Kosovo le 16 mars 1981, avec l'incendie criminel de la patriarchie de Pec (SOP 57.7), et se sont poursuivies sans discontinuer jusqu'en juin 1999, rappellent les évêques. Après l'intervention de l'OTAN et le déploiement d'une force de paix internationale dans la région, la violence s'est faite "encore plus intense et plus brutale", jusqu'aux récents événements de mars dernier, "que l'on est en droit de qualifier de nouvelle nuit de la Saint-Barthélemy", affirment-ils. Le résultat de ce déferlement de terreur, c'est une véritable "épuration ethnique" : plusieurs centaines de Serbes assassinés, des maisons incendiées et des biens volés, quatre mille nouveaux réfugiés qui s'ajoutent aux centaines de milliers de Serbes qui ont été contraints à l'exode après juin 1999, une trentaine de lieux de culte et de monastères détruits, dont la fondation remontait pour certains d'entre eux au 14e siècle, détruits.
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