JÉRUSALEM

destitué, le patriarche IRENEE Ier refuse toujours de démissionner

Douze métropolites (treize, selon certaines sources) du saint-synode de l'Eglise de Jérusalem (sur dix-huit au total) ont publié, le 7 mai, une déclaration de désaveu, dans laquelle ils appellent à la destitution du patriarche IRENEE Ier. Ce texte a également reçu l'appui de soixante-quinze des quelque cent moines qui font partie de la Confrérie monastique du Saint-Sépulcre. Le 30 mai, le saint-synode a élu le métropolite CORNEILLE de Pétra locum tenens du trône patriarcal, le chargeant d'organiser l'élection du nouveau patriarche à une date qui n'a pas encore été fixée. IRENEE Ier a déclaré pour sa part que sa destitution n'était pas recevable, un tel acte ne pouvant être décidé que par le saint-synode de Jérusalem, lequel ne peut être convoqué que par lui et ne peut siéger que sous sa présidence. Cependant, la destitution du patriarche a d'ores déjà été reconnue tant par le gouvernement jordanien, le 10 mai, que par l'Autorité palestinienne, le 11 mai, dont l'aval est requis – de même que celui de l'État d'Israël, qui, lui, ne s'était pas encore prononcé. Le 20 mai, le roi de Jordanie ABDALLAH II a signé le décret confirmant la destitution d'IRENEE Ier, conformément aux statuts du patriarcat datant de 1958 qui accordent au monarque jordanien le droit d'entériner l'élection ou la destitution du patriarche de Jérusalem. Depuis, cette destitution a encore été canoniquement confirmée par une synaxe des primats des Églises orthodoxes, réunie les 23 et 24 mai au patriarcat oecuménique, à Istanbul (lire page 10).

" Nous avons mis en route tout le processus permettant de destituer IRENEE Ier de ses fonctions de patriarche ", a affirmé, le 7 mai, lors d'une conférence de presse, le secrétaire général du patriarcat, l'archevêque ARISTARQUE (Peristeris), qui, il y a quelques semaines encore, était considéré comme un proche d'IRENEE Ier. " Pour nous, il est désormais considéré comme un ex-patriarche ", a-t-il affirmé, avant de préciser que, conformément aux statuts de 1958, il fallait encore recevoir confirmation de cette décision, sur le plan civil, des trois gouvernements de la région – la Jordanie, l'Autorité palestinienne et Israël. C'est le 5 mai que treize évêques et vingt-cinq supérieurs de monastères de Terre Sainte ont pris la décision de " destituer IRENEE Ier, de ne plus traiter avec lui et de le considérer comme persona non grata ", a encore révélé l'archevêque ARISTARQUE. L'approbation des deux tiers des membres du saint-synode était nécessaire pour valider cette décision, qui a été entérinée le 6 mai, dans l'après-midi, lorsque l'acte solennel a été signé par le doyen du synode, le métropolite BASILE de Césarée. IRENEE Ier a quitté le bâtiment immédiatement après une rencontre, qualifiée de " tumultueuse ", avec les autres responsables du patriarcat. Désormais, il ne peut y retourner en tant que patriarche, mais seulement comme simple membre du clergé, a encore précisé le secrétaire général du saint-synode.

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