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UN DROIT A LA SEXUALITE ?
Bertrand VERGELY
Au début du mois de mars dernier, le ministère de la jeunesse et des sports a publié le premier numéro, tiré à 1,5 million d'exemplaires, d'un journal intitulé "DDJ" (Droits des jeunes). Le numéro, qui était également offert en supplément aux lecteurs de Libération et à ceux de L'Humanité-Hebdo, s'ouvre sur un titre triomphal, "Le boum du PACS" : il "n'existait jusqu'à présent que deux façons d'organiser sa vie de couple, le mariage et le concubinage", mais maintenant le PACS est venu "valoriser un mode de vie reposant sur la solidarité. Il permet à un couple qui ne veut ou ne peut se marier de s'engager matériellement dans la durée". Une recommandation aussi :"Quand on est amoureuse ou amoureux, afin d'éviter les angoisses inutiles, il vaut mieux avoir sur soi une provision de préservatifs et une boîte de NorLevo". Rien dans ces pages sur la relation affective, sur le mystère de la rencontre, le sens de la personne et celui de l'amour. Membre d'une paroisse orthodoxe parisienne, Bertrand VERGELY a confié au Service orthodoxe de presse les réflexions que lui inspire cette publication.Agrégé de philosophie, Bertrand VERGELY, quarante-six ans, est professeur de khâgne. Il enseigne également à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'Institut Saint-Serge. Il est l'auteur de plusieurs livres et articles, dont notamment un ouvrage intitulé La souffrance. Recherche du sens perdu (Gallimard, 1997, "Folio essais") et, plus récemment, d'un essai paru sous le titre Pour une école du savoir (éd. Milan, 1999, "Les essentiels").
Il y a, dans cette publication, un triple souci. D'abord éviter, grâce à l'utilisation des préservatifs, que le sida, qui fait encore de nombreuses victimes, ne se propage davantage. Ensuite, venir en aide à de très jeunes filles en état de détresse, lorsqu'elles sont confrontées à l'éventualité d'une grossesse, face à laquelle elles sont totalement désarmées. Enfin, éviter aux homosexuels, vexations et humiliations, en banalisant le couple qu'ils peuvent être conduits à former. Néanmoins, il importe de s'interroger. On parle de plus en plus aujourd'hui des questions amoureuses en termes de droits. Est-il sûr que cela soit la meilleure façon d'aborder ces questions et de toucher les jeunes gens ainsi que la société tout entière, afin de les protéger contre les risques que la sexualité peut être conduite à leur faire courir ?
Le désir de l'épanouissement personnel
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