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EGLISE, ORTHODOXIE ET IDENTITE NATIONALE A LA LUMIERE DE L'EXPERIENCE DES BALKANS
évêque JEAN de Korçë
Les rapports entre l'identité confessionnelle et l'identité nationale constitue l'un des thèmes les plus épineux de l'histoire de l'Église orthodoxe, notamment depuis l'émergence du mouvement des nationalités au 19e siècle. Suivant les lieux et les époques, l'Église s'est trouvée confrontée à un double écueil, entre la danger de voir sa dimension universelle réduite à la simple expression d'un particularisme local et national, et, à l'inverse, la tentation de vouloir ériger ce même particularisme national en critère, voire en juridiction, universel. Face à cette dérive idéologique, qui reste d'actualité aujourd'hui encore, comme l'a montré l'expérience récente de l'orthodoxie dans les Balkans, l'Église doit sans cesse renouer avec ses sources et faire entendre une voix authentiquement prophétique, estime l'évêque JEAN de Korçë dans un article que publie l'une des dernières livraisons de la revue In Communion, éditée aux Pays-Bas par la Fraternité orthodoxe pour la paix (Orthodox Peace Fellowship, Kanisstraat 5, NL 1811 GJ Alkmaar). Le Service orthodoxe de presse propose ici une traduction française de cet article, effectuée à partir de l'original anglais.Évêque de l'Église orthodoxe d'Albanie, en charge du diocèse de Korçë depuis 1998, l'évêque JEAN (Pellushi) est diplômé de l'Institut de théologie orthodoxe de la Sainte-Croix à Boston (Massachusetts). gé aujourd'hui de 48 ans, il est l'un des acteurs du renouveau de l'orthodoxie en Albanie, aux côtés de l'archevêque ANASTASE de Tirana.
Le 21e siècle, avec sa mondialisation, sa technologie nouvelle, sa perte des valeurs traditionnelles et son pluralisme religieux lance un défi, dans des domaines variés, à l'ensemble de l'humanité. Il ne fait aucun doute que l'Église orthodoxe ne peut rester étrangère à ces défis. Elle doit y faire face, pas simplement par souci d'autodéfense, comme cela a trop souvent été le cas, mais pour trouver des solutions originales et créatrices, ce qui relève de sa responsabilité mondiale. Pour ce faire, elle doit retourner aux sources de sa doctrine, de son histoire et de sa riche tradition, sans cesser d'être un organisme créatif, vivant, vivifié par le Saint-Esprit, qui a inspiré sa vie et continue de le faire.
Le plus souvent, l'Église orthodoxe est vue, jaugée, jugée et évaluée par ses propres membres essentiellement d'après les deux derniers siècles de son histoire, c'est-à-dire comme une Église étroitement liée à une seule culture, dans un lieu géographique spécifique, et qui ne s'intéresse qu'au passé. C'est commettre une grande injustice envers la riche tradition de l'Église que de la regarder exclusivement sous cet angle.
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