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LIBERTÉ ET OBÉISSANCE

Christophe D'ALOISIO

Comme chaque année depuis 1961, la communauté des soeurs protestantes de Pomeyrol, à Saint-Étienne-du-Grès (Bouches-du-Rhône), accueillait, du 1er au 6 août, des catholiques, des orthodoxes et des protestants, de tous âges, notamment des familles avec leurs enfants, pour la traditionnelle retraite de la Transfiguration (SOP 301.17). Proposé par des jeunes, le thème de cette année, Liberté et obéissance dans un monde en évolution, a été introduit successivement par le pasteur Gill DAUDÉ, responsable des relations oecuméniques à la Fédération protestante de France, le père Pierre LATHUILIÈRE, directeur de l'Institut pastoral [catholique] d'études religieuses de Lyon, et Christophe D'ALOISIO, inspecteur de l'enseignement religieux orthodoxe dans les écoles francophones de Belgique et responsable de la section francophone du Centre de formation théologique Saint-Jean-le-Théologien, à Bruxelles. Le Service orthodoxe de presse reproduit ici des extraits de cette dernière communication, dont l'intégralité paraît dans la collection des Suppléments au SOP (référence : 302.B ; 3,05 € franco).

Il y aurait beaucoup de choses à dire aux chrétiens orthodoxes sur la question de la liberté et de l'obéissance. La réalité que nous vivons dans l'Église orthodoxe est parfois bien éloignée de ce que voudrait notre théologie. Mais je ne suis pas sûr que ces questions intéressent toutes les personnes réunies ici. Je vais donc essayer de limiter mon propos à des réflexions et interrogations qui, je l'espère, auront une pertinence pour tous les chrétiens.

La liberté et l'obéissance : les deux termes de ce titre forment un couple a priori paradoxal, mais sont pourtant des composantes de la vie de tout homme qui vit en société. Dans bien des domaines de la vie (respect de la loi civile, impôts, éducation…), nous sommes prêts à accepter sans broncher des principes d'obéissance. Si, par exemple, nous voulons apprendre la musique, nous ne contredirons pas le professeur en début de formation : pour pouvoir atteindre la liberté de jouer du violon, nous allons suivre une certaine ascèse et obéir à des prescriptions que nous ne comprenons pas bien. Nous avons parfois plus de mal à accepter l'idée d'obéissance vis-à-vis de Dieu, vis-à-vis de nos frères et soeurs dans l'Église. Peut-être est-ce dû au fait que dans le cadre du cours de musique, nous identifions clairement notre projet et le moyen de le réaliser, c'est ce qui nous pousse à obéir de bon coeur, de plein gré…

Par contraste, on pourrait presque s'inquiéter de ce que les chrétiens éprouvent le besoin de justifier la nécessité de ce paradoxe fondateur de la vie en société aussi bien que de la vie en Christ, où liberté et obéissance sont imbriquées de manière indissociable. Comment comprenons-nous notre projet de chrétien ? Savons-nous seulement le formuler ? C'est une question que nous devrions nous poser si nous voulons comprendre notre propre rapport à la liberté et à l'obéissance. Le projet de notre vie chrétienne est pourtant clair : nous sommes appelés à la déification. Nous oublions trop souvent cette invitation grandiose du Créateur à partager sa vie et accomplir notre ressemblance avec lui. Le chemin vers cet aboutissement trouve son origine dans le juste équilibre entre liberté et obéissance. […]

Le texte dans son entier est disponible dans l'edition papier au prix de 5.00 Eur.

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