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" RÉSISTER DEVANT L'OBSTACLE JUSQU'À CE QUE LA FOI LE FASSE BOUGER "
métropolite GEORGES (Khodr)
Alors qu'il semblait avoir rompu avec la violence dans la vie politique, le Liban est revenu à la une de l'actualité de manière tragique, avec l'assassinat au cours de l'année passée de deux personnalités de premier plan, l'ancien Premier ministre Rafik HARIRI et le député chrétien orthodoxe et rédacteur en chef du grand quotidien libanais An-Nahar, Gébrane TUÉNI. Face à cette nouvelle crise des institutions de l'État, le métropolite GEORGES (Khodr) demande à ses compatriotes de faire preuve à la fois de patience et d'esprit de résistance, tout en appelant de ses voeux l'ouverture d'une nouvelle page dans l'histoire libanaise. Le Service orthodoxe de presse reproduit ici, dans une traduction effectuée par ses soins à partir de la version originale arabe, l'intégralité du texte du métropolite, paru dans An-Nahar, où, depuis de nombreuses années, celui-ci assure une chronique hebdomadaire.Évêque de l'important diocèse du Mont-Liban, le métropolite GEORGES (Khodr), 82 ans, a fait sa théologie à l'Institut Saint-Serge à Paris. Prédicateur, auteur de nombreux livres, dont le dernier publié en français, L'appel de l'Esprit, est paru aux éditions du Cerf / Le Sel de la Terre) (SOP 262.37), il est l'un des fondateurs et le père spirituel du Mouvement de la jeunesse orthodoxe (MJO) en Syrie et au Liban. La chronique qu'il tient dans An-Nahar constitue l'une des principales passerelles du témoignage chrétien et du dialogue avec l'islam dans les milieux intellectuels du Liban et, au-delà, dans de nombreux pays arabes du Moyen-Orient.
Beaucoup pensent que la patience est une résignation devant le destin, une capitulation face à une situation étouffante ou aux contraintes de la famille, du milieu de travail, du pays ou de tout autre groupement humain. Et ceux qui se résignent ne changent pas ; ils ne bougent pas par peur du choc qui pourrait résulter d'un changement. Toute nouveauté les effraie parce qu'elle impose un choix et des attitudes dont on n'a pas encore l'expérience. L'inédit invite à un comportement qui risque de perturber un confortable enracinement dans des habitudes anciennes. La nouveauté s'oppose à la conviction que " tout est prédestiné ", ce qui conduit à laisser Dieu réfléchir à la place des humains et à résoudre leurs problèmes sans qu'ils participent à quoi que ce soit. Cela ne fait pas de doute : le déterminisme est une philosophie très courante dans nos pays. Il est probable qu'il vient du nomade qui dort en nous, qui constatait que le soleil était toujours à sa place au-dessus de sa tête et que le désert s'étendait inlassablement sous ses pieds. La première capitulation se fait donc devant la nature.
La capitulation devant l'État n'est pas moins douloureuse. Tout État est oppressif. Cela nous est démontré tous les jours et partout dans le monde comme si l'histoire était immuable et comme si le dicton " l'injustice pour tous nous rend tous égaux " était une norme universelle. Certes, ce que nous qualifierons de gaspillage de nos ressources est pratiqué ailleurs. Cependant, ce qui fait la principale différence, c'est que dans certains pays les juges sont honnêtes tandis que dans d'autres ils sont sous la coupe des puissants. C'est cela la situation des pays du tiers-monde, dont le nôtre, où personne ne croit que l'État est capable d'imposer la loi et de faire régner la justice.
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