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08 mai 2009 - RUSSIE : à propos de l'état de l'icône de la Trinité d'André Roublev

L'état de fragilité de l'icône de la Trinité peinte par André Roublev (fin 14e siècle) ne lui permet pas de quitter la Galerie Trétiakov, où elle est exposée aujourd'hui à Moscou, a déclaré le 6 mai 2009, le ministre russe de la Culture, Alexandre AVDEEV, devant les députés de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, indique l'agence d'informations religieuses Blagovest-info. Le ministre a souligné que l'icône se trouvait actuellement dans un " état de conservation critique " du fait de l'apparition d'une fissure d'un millimètre d'épaisseur sur toute sa longueur. Il a mis aussi en avant des problèmes d'assurance : " Du point de vue artistique, cette icône est comparable à la "Mona Liza" de Leonard de Vinci. Elle ne peut être déplacée qu'avec l'accord express des restaurateurs du musée. Si on retient le fait que sa valeur estimée en tant qu'oeuvre d'art est d'au moins six cent millions de dollars, je vous laisse juge de ce que doit être le coût de l'assurance ", a-t-il dit, avant d'ajouter : " Qui paierait quatre millions de dollars d'assurance, uniquement pour déplacer l'icône trois jours au monastère de la Trinité-Saint-Serge ? ". Alexandre AVDEEV a encore tenu à remercier les responsables de l'Eglise russe pour " leur compréhension et leur attitude pleine de tact " face aux " énormes difficultés à surmonter pour réaliser " ce projet. Cette déclaration met un terme définitif à la polémique qui avait été déclanchée autour de la célèbre icône, l'Eglise russe ayant réclamé, en septembre 2008, par la voix de son primat de l'époque, le patriarche de Moscou Alexis II (aujourd'hui décédé), qu'elle lui soit prêtée, afin de pouvoir la présenter aux fidèles, pendant trois jours, lors de la fête de la Pentecôte 2009, à sa place originelle, dans l'abbatiale du monastère de la Trinité-Saint-Serge, à Sergiev Possad, à 80 kilomètres au nord de Moscou. Dans une lettre ouverte publiée en novembre 2008  par un expert en art médiéval de la Galerie Trétiakov, Levon NERSESSIAN, soutenue ensuite par de nombreux historiens d'art et conservateurs de musées, et dont la presse russe s'était faite l'écho, il avait été mis en avant qu'accéder à une telle demande serait " certainement fatal " à l'oeuvre d'André Roublev (SOP 334.17).