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04 jui 2009 - ISTANBUL : rencontre entre les patriarches de Constantinople et de Moscou

Le patriarche de Moscou Cyrille Ier s'est rendu en visite officielle au siège du patriarcat oecuménique, dans le quartier du Phanar, à Istanbul (l'ancienne Constantinople), du 4 au 6 juillet 2009.  Cette visite, la première dans l'ordre protocolaire (les " diptyques "), s'inscrivait dans le cadre des visites qu'après son élection tout nouveau primat d'une Eglise orthodoxe territoriale effectue auprès des autres Eglises orthodoxes (SOP 321.1). A son arrivée, le patriarche Cyrille Ier et les membres de la délégation qui l'accompagnait ont eu un entretien protocolaire avec le patriarche oecuménique Bartholomée Ier et les membres du saint-synode du patriarcat de Constantinople. Dans la soirée, le patriarche de Moscou a visité la basilique Sainte-Sophie, aujourd'hui transformée en musée. Le lendemain, les deux patriarches ont présidé une liturgie eucharistique solennelle dans la cathédrale patriarcale Saint-Georges du Phanar et échangé des allocutions dans une atmosphère décrite comme " cordiale et fraternelle ", selon des sources proches du patriarcat russe. A l'issue de la liturgie, ils ont vénéré ensemble les reliques de deux saints archevêques de Constantinople, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, enlevées par les Croisés, en 1204, lors de la prise de la ville et restituées au patriarcat oecuménique, en novembre 2004, par le pape Jean-Paul II (SOP 293.1). En fin d'après-midi, les primats des deux Eglises devait assister à un concert de chant liturgique dans l'ancienne église Sainte-Irène.  Dans le discours qu'il a prononcé en accueillant le primat de l'Eglise russe au Phanar, le 4 juillet, le patriarche oecuménique a rappelé les liens personnels et l'estime mutuelle qui caractérisaient leurs relations depuis de nombreuses années déjà. Il a ensuite mis l'accent sur les défis du monde contemporain qui interpellent la conscience chrétienne. Néanmoins, a-t-il regretté, " au lieu d'être unis pour que notre parole d'espérance soit convaincante, ce qui frappe ce sont les schismes, les divisions et les égoïsmes mesquins tant au niveau de la chrétienté en général qu'au niveau interorthodoxe ". Se félicitant des résultats du sommet des primats des Eglises orthodoxes réunis au Phanar, en octobre 2008 (SOP 332.1), et de la 4e conférence panorthodoxe préconciliaire qui s'est tenue, du 6 au 13 juin 2009, à Chambésy, près de Genève (SOP 340.1), il a souligné que " l'esprit d'amour qui avait dominé [lors de ces rencontres] ainsi que les décisions qui y furent prises à l'unanimité non seulement nous donnent de grandes espérances mais s'avèrent un exemple pour l'avenir ". Appelant de ses voeux à un nouveau départ dans les relations parfois difficiles entre les patriarcats de Constantinople et de Moscou, il a déclaré : " Nous vous tendons la main comme signe de notre amour fraternel sincère et réel. Nous sommes prêts à travailler avec vous, dans l'ouverture du coeur, dans le cadre de l'ordre canonique et de la tradition ecclésiale établie depuis des siècles, pour le bien non seulement de nos Eglises respectives, mais de l'ensemble de l'orthodoxie et de tout le monde chrétien ". Il en va, a-t-il ajouté, de " [notre] responsabilité particulière devant le Christ qui exige de nous que nous vivions dans l'amour, la paix et l'unité ". Dans son allocution de réponse, le patriarche de Moscou a tout d'abord rappelé les liens historiques étroits existant entre l'Eglise russe et l'Eglise de Constantinople depuis la conversion du prince Vladimir de Kiev en 988 et la diffusion de la foi chrétienne qui s'en suivie parmi les peuples de la plaine d'Europe orientale grâce à des missionnaires venus pour l'essentiel de Byzance. " La semence salvatrice jetée par les missionnaires de l'Eglise de Constantinople sur la terre russe a apporté d'abondants fruits pleins de grâce, qui constituent notre héritage commun, l'héritage de l'ensemble de l'orthodoxie ", a-t-il dit. Abordant la situation de l'orthodoxie contemporaine, Cyrille Ier s'est adressé au patriarche oecuménique en ces termes : " Nous soutenons de tout coeur l'appel [que vous avez] lancé ici même, il y a un an, en direction de toutes les Eglises orthodoxes territoriales pour les inviter à se sentir et à agir comme l'Eglise une ". " Cette vision qui est la vôtre est aussi notre conviction profonde ", a-t-il ajouté, avant d'affirmer : " C'est sur ce fondement commun que nous pouvons faire beaucoup pour renforcer notre unité conformément au commandement reçu de notre Seigneur "